"Il y a 10 000 ans, la mer Méditerranée était coupée en deux grands bassins par un isthme qui réunissait la Tunisie et l'Italie en passant par l'île de Malte. D'immenses forêts l'entouraient de tous cotés et à la place du Nil il y avait une série de vastes bassins et de forêts étalées jusqu'à la mer.
Entre 10 000 et 8 000 avant J.C., un cataclysme, dont on ignore la cause et la nature, provoque d'énormes changements, le pont entre la Tunisie et l'Italie s'affaisse, ne laissant, émergées que les îles maltaises.
En Afrique du Nord les immenses forêts disparaissent progressivement; les lagunes font place à des déserts. Le Nil commence à prendre son cours, descendant du c½ur de l'Afrique, sur des milliers de kilomètres jusqu'à ce qu'il se divise dans le delta pour se jeter dans la mer Méditerranée.
Entre 8000 et 5000 avant J.C. de nombreuses populations s'installent le long de la Haute et de la Basse Égypte : ce sont des peuples venant de l'Asie, du centre de l'Afrique et de l'Occident.
C'est au cours du quatrième millénaire qu'un peuple, capable d'irriguer, d'organiser les travaux agricoles, de bâtir des bourgades et des villes, constitua la plus vaste société organisée qui ait jamais existé jusqu'alors.
Au nord, le royaume de Basse-Egypte (Basse-Egypte parce-que l'altitude est moins élevée) se serait réalisé sous le patronage du dieu Osiris, père du dieu Horus, dont le roi est l'incarnation.
Au sud, le royaume de Haute-Egypte se serait constitué sous le patronage du dieu Seth.
Et les deux royaumes d'exercer une rivalité croissante. Cette lutte aboutira à la création d'un royaume unique.
Après une première unification ratée, à l'initiative du roi du nord qui avait fait d'Héliopolis la première capitale d'Egypte, ce sera à l'inverse un roi du sud qui conquerra le nord, le roi « Scorpion » Sekhem dont le successeur, N'armer, sera le véritable unificateur de l'Egypte. Nous sommes environ en l'an 3000 avant J.-C., et N'armer, qui se confond sans doute avec Ménés (nom que donnaient les auteurs grecs au premier pharaon-homme qui succéda aux semi-dieux et unifia le pays, fonda la première dynastie dont la capitale fut Abydos.
L'architecture des villes comme les nécropoles n'est encore qu'en brique crue, mais l'art s'est beaucoup développé et amorce la brillante évolution qu'on lui connaît à partir de l'ancien empire. L'écriture est pratiquement fixée dans ses formes définitives. A côté d'elle, apparaissent le calendrier, la datation, les chiffres et le début de l'arithmétique, les premiers pas de l'observation astronomique, etc. Le tout lié à une administration naissante, mais déjà forte et centralisée, répondant ainsi aux impératifs du pays. A sa tête, le Pharaon règne, coiffé du "pschent", c'est-à-dire de la double couronne : la haute couronne blanche de Haute-Egypte et la couronne rouge de Basse-Egypte.
Le quatrième millénaire est terminé, c'est le début de la Première dynastie et, avec elle, pour nous de l'Histoire officielle de l'Égypte des Pharaons."
Les savants sont loin d'être d'accord sur le début de l'histoire égyptienne ; les uns font commencer la Ière dynastie vers 3200 et d'autres, vers 2850.